Chroniques de l’endométriose est parti à la rencontre de Yolande, 47 ans. Une femme de caractère qui vit avec une endométriose très agressive et qui n’en laisse rien paraitre. Cela fait plus de 15 ans que Yolande a été diagnostiquée endométriosique. Depuis elle connait des opérations à répétition.
Aujourd’hui encore la maladie est toujours bien présente et ne lui laisse pour ainsi dire aucun répit. Pour nous, Yolande revient sur un parcours haut en douleurs.

Les règles : une relation complexe

« Les douleurs ont toujours accompagné mes menstruations, et ce, depuis les premières »

Mes règles n’étaient jamais régulières, parfois j’en avais très peu et parfois pas du tout. Mais peu importe le flux de ces dernières, elles étaient toujours accompagnées de douleurs. Je pouvais rester au lit sans savoir bouger ou me lever.

Cette situation complexe me faisait poser des questions quant à ma fertilité et si je pourrais un jour avoir des enfants.

Etre une femme, cela fait mal. Pour ma part, je n’avais jamais connu une autre situation. Mes règles se sont toujours mal passées. Mais à l’époque cela était normal. Je vivais avec même si cela m’empêchait parfois de vivre comme je le désirais et tordait mon corps de douleurs. Pour remédier à cette situation, j’ai essayé plusieurs contraceptions comme la pilule, l’anneau, le stérilet… mais rien n’y faisait.

endométriose témoignage

L’installation de l’endométriose

Alors, que j’avais toujours connu des problèmes avec mes règles, d’autres symptômes ont commencé à se manifester, empiétant toujours un peu plus sur mon quotidien.

Après la pose d’un stérilet, les crampes, les douleurs, les crises n’ont fait qu’augmenter. J’avais très mal au ventre, au bas du dos et doucement les rapports sexuels sont devenus invivables. Plus le temps avançait et plus les douleurs grandissait.

« A la fin, on ne pouvait même plus me toucher »

J’ai commencé à avoir régulièrement de violentes douleurs. Bien plus fortes que mes règles qui pourtant ont toujours été douloureuses.

Lorsqu’avec mon mari et moi, nous avons décidé d’avoir un enfant, nous avons rencontré beaucoup de difficultés. Et malgré nos questionnements, mon gynécologue de l’époque nous disait qu’il fallait encore attendre… Ce que nous avons fait durant deux années sans aucun résultat, avant de démarrer des examens de fertilité.

C’est le professeur Godin du Centre Liégeois de l’Endométriose qui a supposé mon endométriose. Il a alors programmé ma première opération.

interview endométriose

Une annonce pleine d’interrogations

Lorsque le Dr Godin a prononcé pour la première fois le nom « endométriose », je n’ai pas trop su quoi en penser. Avant cela, je n’avais jamais entendu parler de cette maladie.

Mais j’ai toujours su que mes règles n’étaient pas « normales »

L’opération a eu lieu très rapidement.

Après cette dernière, le résultat est tombé très vite. J’avais bel et bien de l’endométriose. Déjà bien implantée dans mon corps, elle avait bouché une de mes trompes et mon stérilet, qui m’avait causé tant de douleurs, avait blessé mon utérus.

A ce moment-là, l’opération est une réussite. Le professeur Godin a pu tout enlevé. Tout de suite après, je suis mise sous ménopause chimique pendant 3 mois pour assécher les foyers qui auraient pu persister.

Après ce traitement, j’ai pu tomber enceinte et avoir mon petit garçon à l’âge de 34 ans.

témoignage endométriose

Vivre sa vie malgré l’endométriose

Aujourd’hui, je positive de plus en plus par rapport à la maladie et à ma vie.
Evidemment, cela m’arrive d’être énervée lorsque mes cystites à répétition me font souffrir. Mais je tente vraiment de relativiser et d’apprendre à vivre avec. Je n’ai pas le choix.

Mon rapport au corps est toujours compliqué.
Et particulièrement avec ma sexualité. L’endométriose a réellement eu un impact fort sur celle-ci. Comme je l’ai dit, à un moment de ma vie où les douleurs étaient insupportables, même une caresse me faisait bondir.

Malheureusement, cela est ancré dans mon corps. On vit toujours avec les souvenirs de rapports qui ont été très douloureux. Et cela représente un stress à chaque fois. Même quand tout se passe bien, il y a des sensibilités qui restent. Et ça, je devrais vivre avec jusqu’à la fin.
Cependant, je suis convaincue que l’on doit aussi essayer d’avoir une vie amoureuse et essayer d’en profiter quand même. C’est important.