Les règles, c’est un moment redouté par des millions de femmes chaque mois.

Une crainte qui peut être évidemment liée à la douleur qui peut parfois être insoutenable, ou aux diverses contraintes qu’apportent les règles et qui indisposent de nombreuses femmes au quotidien mais ce n’est pas ce que nous allons évoquer dans cet article.

Nous allons aborder le sujet de la précarité menstruelle soit le quotidien de plus de 500 millions de femmes à travers le monde qui se trouvent dans l‘incapacité de s’acheter des protections menstruelles dû à des problèmes financiers.

Zoom sur ce sujet trop peu abordé et pourtant si essentiel !

La précarité menstruelle, c’est quoi ?

La précarité menstruelle, une réalité vécue par des millions de femmes et qui se définit par un accès limité, voire impossible, aux protections menstruelles par manque de moyens financiers.

Évoquons quelques instants des chiffres. Un aparté essentiel afin de comprendre au mieux la situation compliquée que de nombreuses femmes vivent en ce moment et vivront certainement dans le futur.

Ainsi, en Belgique, on estime que 350 000 femmes vivent actuellement sous le seuil de pauvreté et que 80 000 étudiant(e)s sont, également, en situation de précarité.

Il faut savoir qu’une femme aura, en moyenne, entre 450 et 500 cycles menstruels au cours de sa vie, c’est entres autres plus de 10 000 protections hygiéniques mais aussi 7,50 € dépensés (en moyenne) à chaque cycle pour se protéger. Un coût considérable à débourser chaque mois.

Nombreuses sont ces femmes qui se voient obligées de choisir entre manger et acheter des protections hygiéniques. Un combat, chaque mois, pour des millions de femmes à travers le monde qui ne devrait pourtant pas avoir lieu d’être.

Il est, par ailleurs, important de comprendre que le combat contre la précarité menstruelle n’est pas qu’une histoire de confort mais bien aussi un combat pour la santé et la dignité de toutes ces femmes qui se retrouvent parfois dans des situations réellement dangereuses pour leur santé et handicapantes au quotidien.

Le coût des règles : la précarité menstruelle

La précarité menstruelle, des conséquences qui peuvent être dramatiques

Un problème de santé publique

La précarité menstruelle n’est pas à prendre à la légère. Nombreuses sont les femmes qui sont obligées d’avoir recours à un plan D afin de pouvoir vivre un tant soit peu “normalement”.

Pour cela, elles vont opter pour ce qu’elles ont sous la main, cela peut conduire certaines à utiliser des chaussettes, des mouchoirs, du coton, du papier journal comme protection menstruelle pendant leur période de règles et cela peut aller jusqu’à la transformation d’une bouteille d’eau en plastique en coupe menstruelle. Certaines choisissent également de conserver leurs tampons et/ou serviettes hygiéniques le plus longtemps possible.

Ces diverses solutions de fortune les exposent pourtant à de nombreux dangers. Elles peuvent, en effet, être victimes d’infections, de diverses maladies et notamment du syndrome du choc toxique. Une infection d’origine bactérienne qui peut survenir chez certaines personnes lors de l’utilisation prolongée de tampons ou de coupes menstruelles et qui peut être très dangereuse, voire mortelle.

Un impact sur leur vie sociale

En plus d’impacter la santé de ces femmes, la précarité menstruelle peut également grandement impacter leur vie sociale.

La précarité menstruelle, les règles et tout ce qui en incombe, représente un sujet qui a longtemps été tabou dans notre société. Même si les langues commencent à se délier et que certaines associations se battent aujourd’hui pour améliorer le quotidien de ces femmes, beaucoup d’entre elles sont honteuses, gênées, dans une situation d’inconfort et décident alors de rester chez elles lorsqu’elles ont leurs règles.

Cela peut résulter en décrochage scolaire pour les plus jeunes, par des pertes d’opportunités d’emploi ou encore par des conséquences préjudiciables sur leur travail.

les conséquences de la précarité menstruelle

Des petites victoires à célébrer

Depuis quelques années maintenant, le sujet de la précarité menstruelle est sur la table et même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir crier victoire, nous pouvons tout de même nous réjouir de quelques décisions prises en faveur de toutes ces femmes dans le besoin.

En effet, en 2017, la Belgique a fait un premier pas dans la bonne direction en diminuant le taux de TVA lié aux protections hygiéniques. Nous sommes, dès lors, passés de 21% à 6% considérant enfin ceux-ci comme des produits de première nécessité.

Des victoires qui sont notamment dues au travail acharné de certaines associations qui se battent afin de faire avancer les choses. On peut notamment citer :

 

  • L’association Bruzelles qui distribue de nombreuses protections hygiéniques aux plus démunis chaque année,
  • Belges et culottées qui cherche à mettre le sujet de la précarité menstruelle au centre des débats en créant, entre autres, des pétitions.

Au-delà des frontières

Dans certains pays, on peut également constater de grandes évolutions.

En France, par exemple, les protections hygiéniques sont devenues récemment gratuites dans certaines écoles, universités et même prisons.

La Nouvelle-Zélande a également décidé en 2021 de distribuer des protections hygiéniques dans les écoles. Par ce biais, la Nouvelle-Zélande cherche notamment à augmenter le taux de fréquentation scolaire et à avoir un effet positif sur le bien-être des enfants en général.

L’ Ecosse a frappé encore plus fort puisque, depuis 2020, les protections menstruelles sont accessibles de manière complètement gratuite. L’Ecosse est ainsi le premier pays à passer le cap en autorisant l’accès libre aux protections hygiéniques dans les écoles, universités, lieux de travail et autres établissements publics.

 

Pour conclure, on observe qu’il reste encore énormément de travail avant de pouvoir réellement constater une véritable égalité en termes d’accès aux protections hygiéniques. Notamment par rapport à certains autres pays clairement en avance sur la Belgique.

Cependant, les mentalités changent petit à petit et le sujet de la précarité menstruelle est toujours au cœur des discussions. Grâce, notamment, aux diverses associations qui répondent encore et toujours présentes afin d’aider ces femmes en quête d’une vie plus “normale”.

 

Stéphanie Forthomme