L’endométriose et le cancer

endométriose et cancer

L’endométriose représente-t-elle un facteur de risque dans le développement d’un cancer ? Si le risque reste faible, il est existant.
L’endométriose peut nous amener à faire des recherches sur des sujets divers et variés. Le cancer en fait partie.
En s’appuyant sur des études, sur les calculs de professionnels, faisons le point sur la relation entre le cancer et l’endométriose.

L’endométriose et le cancer de l’ovaire : quelle relation ?

L’endométriose est une maladie bénigne. Elle correspond à la présence de tissus semblables à l’endomètre à l’extérieur de la cavité utérine.
Son évolution dans le corps de la femme est souvent comparée au développement d’un cancer et à ses métastases : l’endométriose connait une croissance invasive avec une tendance aux métastases et à la récurrence.

Mais qu’en est-il lorsque cette maladie participe au développement d’un cancer ?

Sur base de diverses études, les chercheurs ont pu mettre en évidence la relation entre l’endométriose et l’augmentation du risque de cancer de l’ovaire (notamment le cancer épithélial de l’ovaire.)

Si le lien de cause à effet n’a pas été prouvé, il convient de s’y intéresser de plus près.

Pour contextualiser ce lien, il convient de parler du cancer de l’ovaire dans a généralité.

Le cancer de l’ovaire correspond à une tumeur présente sur un ou sur les deux ovaires.

L’ovaire est constituée de différents tissus : 

  • une couche externe de cellules qui recouvrent les ovaires, l’épithélium de recouvrement.
  • une couche constituée de cellules productrices d’hormones, nommée le stroma.
  • et les ovules immatures qui murissent à tour de rôles

Chaque couche peut être sujette à l’apparition d’un cancer.

Les différentes formes de tumeurs malignes :

– les tumeurs épithéliales, c’est la forme la plus fréquente de cancer de l’ovaire chez la femme.
– les tumeurs stromales
– les tumeurs germinales

En Belgique, le cancer de l’ovaire et le 19e cancer le plus fréquent.  Si le cancer de l’ovaire peut survenir à tout âge, il est plus fréquent chez les femmes de plus de 55 ans. Il est souvent diagnostiqué tardivement, ce qui peut expliquer un taux de mortalité assez élevé.

Comment le détecter ?

Les femmes présentant un cancer de l’ovaire ne présentent souvent aucune anomalie particulière. Les ovaires pouvant bouger assez librement dans la cavité. Dès lors, les symptômes se présentent souvent tardivement.

Les symptômes peuvent être assez vagues et correspondre à d’autres pathologie, c’est pourquoi, il convient d’aller consulter son médecin si les symptômes persistent au bout de 3 à 4 semaines.

– maux de ventre
– sensation de gonflement
– nausées
– constipation
– pertes irrégulières de sang par le vagin
– besoin d’uriner fréquemment
– augmentation du volume de l’abdomen (les vêtements serrent)
– la fatigue
– la perte de poids

Il n’existe pas de dépistage systématique du cancer de l’ovaire, une surveillance particulière peut être proposée aux femmes à risques. Cela doit être discuté au cas par cas avec son gynécologue.

cancer et endométriose : les études

Le lien entre endométriose et cancer : les études

Sur base d’études*, notamment moléculaires, les chercheurs ont pu démontré que l’endométriose représente un facteur précurseur du cancer de l’ovaire.

Si le processus de la malignification des lésions d’endométriose doit encore être étudié, la relation entre l’endométriose et le cancer est bel et bien existante.

La coexistence de l’endométriose et d’un cancer de l’ovaire pourrait être attribuée à des facteurs de risques et des mécanismes préalables communs. Des facteurs qui prédisposent la femme aux deux maladies.

Un autre point à ne pas ignorer est le rôle de l’inflammation et des hormones dans le cas de l’endométriose et du cancer de l’ovaire.

En ce qui concerne, l’inflammation, un degré élevé d’inflammation, comme celui que l’on trouve dans l’endométriose, est un facteur de risque de développement d’autres cancers. Les études précisent aussi que ces recherches et les nouvelles à venir vont permettre d’aider à la prévention et la prise en charge des patientes.

*
C.L. Pearce et al. : www.thelancet.com/oncology  Volume 13, april 2012, pages 385-394:
  « Association between endometriosis and risk of histological subtypes of ovarian cancer: a pooled analysis of case–control studies »
A. Dawson et al. : ecancer 2018, Volume 12: 803
« Endometriosis and endometriosis – associated cancers: new insights into the molecular mechanisms of ovarian cancer development »

Quelques chiffres pour illustrer le risque

Pour illustrer ses propos, le Professeur Jacques Boniver, chef du service d’anatomopathologie du CHU de Liège revient sur quelques estimations.

« il y a manifestement un consensus pour admettre que l’endométriose est un facteur favorisant le développement d’ un cancer de l’ovaire ou un cancer de type ovarien développé ailleurs dans la sphère gynécologique, toutefois des chiffres précis quant au risque réel manquent.

Selon les études disponibles, on peut établir des estimations pour illustrer le pourcentage de risque de développer un cancer au cours d’une vie.

Sur le plan statistique au cours de leur vie environ 1 % (estimation) des femmes atteintes d’endométriose développent un cancer de l’ovaire ou un cancer de type ovarien développé ailleurs dans la sphère gynécologique. Ce pourcentage est environ 2 à 3 x supérieur (estimation) à ce qui est observé chez les femmes qui n’ont pas d’endométriose.

Sachant que certaines statistiques indiquent qu’environ 10% des femmes développent de l’endométriose au cours de leur vie, si l’on veut faire une estimation en nombres absolus, pour 100.000 femmes, 10.000 auront de l’endométriose au cours de leur vie et 100 parmi celles-ci (1%) pourront développer un cancer de l’ovaire ou un cancer de type ovarien dans la sphère gynécologique alors que parmi les 90.000 autres femmes, 0,3 % (risque 3x moindre) soit 270 feront un cancer de l’ovaire ou équivalent, donc, pour 100.000 femmes, 370 pourront développer un cancer de l’ovaire ou équivalent au cours de leur vie.

Le cancer de l’ovaire ou de type ovarien développé dans la sphère gynécologique est un cancer peu fréquent (en comparaison avec les cancers du sein qui touchent 11 % au cours de la vie, soit 11.000 pour 100.000).

Le cancer de type ovarien lié à l’endométriose reste rare, mais il convient de prévenir les femmes atteintes d’endométriose.

L’endométriose est une maladie complexe qui n’a pas encore livré tous ces secrets. Si le risque de développer un cancer ovarien ou de type ovarien dans la sphère gynécologique reste un phénomène rare.

Il convient de rester attentive et d’être suivie régulièrement. 

Pour mieux connaitre l’endométriose…